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Juan Dantou
30, rue François Bonvin
75015 PARIS
realjuandm@hotmail.com

Oeuvres
La Fabrique des images
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Déclinaisons
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Voyage en Inde : Série Bleue
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Voyage en Inde : Série Sixties
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Voyage en Inde : Bords de mer
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Né à Paris en 1980, Juan est sorti de Louis Lumière en 2003.
Après plusieurs travaux sur la Chine et l'Amérique Latine, il travaille aujourd'hui entre Paris et Berlin, pour l'agence photo Exmundo.

La fabrique des images est un travail sur les temps de la photographie : temps de la prise de vue, temps de la transmission, temps de la réception. Ce travail interroge le medium photographique dans ses prétentions de transparence (ce que je vois sur le papier est une fidèle retranscription du réel) et d’immédiateté (la photographie professionnelle veut aller vite, transmettre vite, publier vite).
En arrière plan, ce travail va à contre-courant des demandes contemporaines de lisibilité facile, immédiate, presque publicitaire, qui incitent rarement l’observateur à s’arrêter sur les images qu’il croise.Ce projet demande à la photographie d’aller moins vite, de s’arrêter un moment, mais également d’être moins propre, moins parfaite, peut-être plus poussiéreuse.
S’inspirant des premiers travaux de Duchamp sur les élevages de poussière, ce projet veut parler du temps qui passe plutôt que d’un temps arrêté : en somme, montrer que la photographie est une somme de gestes, d’instants et de réflexions ancrées dans un temps parfois long, plutôt qu’un instant décisif vite capté, vite transmis et vite vu. Une critique des préceptes, parfois dogmatiques, des grandes écoles de photoreportage est nécessairement présente dans ce travail, qui propose une autre voie à l’instantané photographique.
Ma méthode, pour ce travail, a été celle de la lenteur : les prises de vue sont effectuées en pose lente, les images sont développées, scannées, imprimées, puis re-photographiées, re-scannées, retirées. Chaque étape laisse des traces, des trames, des rayures et des poussières, que la photographie s’évertue normalement à effacer, occultant la présence d’un intermédiaire entre le réel et sa représentation. Ici, les traces qui s’accumulent rendent compte de l’inscription de chaque photographie dans un temps, et chaque image, en somme, devient le reflet de sa propre fabrication autant que la représentation d’un réel.
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